" Nostalgies libanaises "


J'ai photographié les libanais au quotidien.

Ne cherchez pas dans mes images les buildings des quartiers chics de Beyrouth où les appartements se négocient en milliers de dollars. Une ville aux allures de petite Suisse du Proche Orient, alors que dans les banlieues et sur les plages, des bidonvilles perdurent.
Les boîtes de nuits où se déchaînent, sur des rythmes techno, des jeunes peu vêtus en manque de libertés et de repères, qui sous l'emprise de l'alcool, se tuent sur les routes.
Les 4x4 et les berlines flambants neufs qui s'accaparent les rues, ni la violence routière de conducteurs écorchés vifs, prêts à en venir aux armes au moindre malentendu.
La consommation à la mode occidentale, dans de grandes et luxueuses galeries marchandes, où les libanais s'adonnent à leur sport favori : " le show business ".
Les tensions entre quartiers chrétien et musulman où la religion, les enjeux politiques, la corruption, la banalisation des armes à feu et la soif de pouvoir, entretiennent les vielles blessure.

Inconsciemment, en quête d'exotisme, j'ai cherché dans les quartiers populaires et les villages de la côte, un Liban calme, serein, joyeux et coloré.
J'ai choisi de vous le montrer à travers des " cartes postales ", des " images d'Épinal " auxquelles il ne manque que la patine du temps.
Images pas encore jaunies, témoins d'un Liban où il reste des gens simples, des souks authentiques, des ports où, sur les quais, les pêcheurs jouent aux cartes et filent leurs filets… aux antipodes de la folie de Beyrouth et de Tripoli.

Je ne veux retenir du Liban que ces clichés là, illusion éphémère d'un pays que j'ai fantasmé.

Ph. Rinjonneau